Aller au contenu
Hugo Delacour
Tous les projets

Corpus Delta

L’annuaire de la recherche climatique

Un annuaire de publications scientifiques sur le climat et les risques naturels : cent une études référencées avec leurs métadonnées d’origine, un glossaire de cinquante et un termes, et des parcours de lecture pour entrer dans la littérature sans s’y perdre.

Rôle
Conception éditoriale & développement
Période
2024
  • Next.js
  • TypeScript
  • Tailwind
  • MDX

Aperçus

Un annuaire de la recherche climatique : cent une publications scientifiques référencées avec leurs métadonnées d’origine, un glossaire de cinquante et un termes, dix dossiers thématiques et des parcours de lecture.

Le problème n’est pas le manque d’information, c’est son inaccessibilité. La littérature climatique est publique et largement en accès ouvert — quatre-vingt-neuf des cent une études référencées le sont — mais elle suppose un vocabulaire qu’on n’acquiert nulle part, et elle ne dit jamais par quoi commencer.

Le site ne réécrit donc pas la science : il l’indexe, la définit et l’ordonne. Chaque étude garde son résumé d’éditeur, son DOI et sa citation prête à copier ; chaque terme du glossaire est adossé à une source officielle ; chaque parcours propose six étapes ordonnées, du vocabulaire aux publications de référence.

Contexte

Corpus Delta est né de l’envie de rendre les enjeux climatiques compréhensibles, sans sensationnalisme ni surcharge d’informations. Le sujet souffre d’un paradoxe : l’information existe en abondance, mais elle est soit trop technique pour être lue, soit trop alarmiste pour être supportée.

Plutôt qu’inonder le lecteur de chiffres ou d’alertes anxiogènes, l’objectif était de créer un espace calme, pensé pour la lecture longue, la réflexion et la nuance. Trois axes ont guidé toutes les décisions : la lisibilité avant tout, une navigation simple et non agressive, et une tonalité pédagogique plutôt que militante.

Parti pris de design

L’interface est volontairement silencieuse : pas d’animation inutile, pas de surcharge graphique, aucun élément qui réclame l’attention pour lui-même. Espaces généreux, grille stable, couleurs neutres, accent minimal.

Cela va à l’encontre de la plupart des sites de contenu, qui multiplient les incitations, les encarts et les recommandations. Le pari était inverse : une page qui ne demande rien au lecteur est une page qu’il finit.

Lecture longue

  • Typographie calibrée pour la lecture longue : mesure d’environ 70 signes, interlignage large, contraste tenu.
  • Articles structurés et narratifs, avec une hiérarchie d’informations explicite.
  • Mode sombre lisible et réellement accessible, pas une simple inversion.
  • Système de tags pour explorer les sujets sans passer par un moteur de recherche.

Édition

Le contenu est écrit en MDX. Ce choix permet d’intégrer des composants au fil du texte — un graphique, un encart de définition, une comparaison — sans quitter le format markdown ni passer par un CMS.

L’intérêt est autant éditorial que technique : l’auteur écrit du texte, et n’insère un composant que lorsque le texte ne suffit pas. La contrainte pousse à expliquer d’abord, illustrer ensuite.

Ce que le site référence

Chaque étude garde ce que sa source publie : le résumé fourni par l’éditeur dans sa langue d’origine, les auteurs au complet, la revue, l’année, le type de publication et le DOI. Rien n’est reformulé. Un annuaire qui paraphrase ses sources devient une source de plus, avec ses propres approximations — et il faut alors le vérifier lui aussi.

  • Un lien direct vers la publication, et l’indication de son accès : quatre-vingt-neuf des cent une études sont en accès ouvert.
  • La citation prête à copier, en APA ou en BibTeX.
  • Le nombre de citations, relevé chez OpenAlex, avec la date du relevé.
  • Des thèmes — observation, modélisation, cycle du carbone, chaleur, cryosphère, océan, santé, agriculture, politiques, risques — qui servent de filtres et relient les études entre elles.

Le glossaire et les parcours

Le glossaire définit cinquante et un termes, chacun adossé à une source officielle. Ce n’est pas un supplément : c’est ce qui rend la littérature lisible. « Anomalie de température », « forçage radiatif », « attribution » sont des mots dont le sens technique ne se devine pas, et qui arrêtent la lecture dès la première page d’un article.

Les parcours règlent l’autre blocage : par où commencer. Chacun est une séquence de six étapes ordonnées, annoncée avec son temps de lecture, qui va du vocabulaire au mécanisme puis aux publications de référence. « Comprendre le réchauffement en une heure » ne suppose aucune connaissance préalable — les notions y arrivent dans l’ordre où elles s’appuient les unes sur les autres.

Les indicateurs

Une page tient les grandeurs de référence du système climatique : concentration de CO₂ à Mauna Loa, méthane, protoxyde d’azote, forçage radiatif, anomalie de température moyenne, contenu thermique de l’océan, niveau marin, étendue de la banquise arctique en septembre.

Ces séries ne sont pas recopiées : elles sont récupérées chez l’organisme qui les produit, avec leur date de relevé. Aucune valeur n’est arrondie ni retraitée. C’est la seule façon d’être une référence plutôt qu’une copie qui vieillit en silence.

Résultats

Le site sert aujourd’hui de base pour publier des articles, organiser la connaissance et structurer des analyses. Il est conçu comme un outil d’apprentissage autant que comme un média.

C’est aussi la démonstration qui m’intéressait : une interface lente, pensée pour l’attention plutôt que pour l’engagement, a sa place — et elle se construit avec exactement les mêmes outils que les autres.

Stack

  • Next.js et React, TypeScript.
  • TailwindCSS dans une approche atomic design.
  • Markdown et MDX pour l’édition des articles.

Autres projets